La e-santé rend-elle plus heureux?

La e-santé rend-elle plus heureux?

La e-santé rend-elle plus heureux - les 3 Sphères

La e-santé peut-elle rendre plus heureux ? C’est autour de cette question universelle que s’est tenu le premier symposium Les 3 Sphères, organisé par Docaposte, filiale numérique du Groupe La Poste, en fin d’année 2019.
Membre du comité scientifique éponyme, le Docteur Alain Toledano, cancérologue radiothérapeute et Président de l’Institut Rafael, nous livre ses réflexions sur cette question.

Le moyen qu’est le numérique peut-il s’articuler directement à la recherche du bonheur, ou est-il simplement une possibilité technologique dépourvue d’efficacité réelle dans la recherche d’une vie meilleure ? En effet, nous entendons aujourd’hui beaucoup de critiques visant la révolution technologique, ayant souvent pour argument principal l’idée selon laquelle le numérique, loin de contribuer au bonheur, s’oppose à lui comme un obstacle, notamment par l’accélération et la potentialisation de l’expérience qu’il rend possible. Nous pouvons donc formuler la question ainsi : le numérique en médecine est-il un moyen contribuant à l’obtention du bonheur, ou au contraire, un obstacle au bonheur ?

E-santé : Le Numérique en Médecine

La e-santé fait référence à « l’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’ensemble des activités en rapport avec la santé ». Le numérique (tout ce qui fait appel à des systèmes électroniques basés sur des fonctions logiques) est considéré comme étant au cœur de l’innovation, la santé ne faisant pas exception, tant dans la recherche clinique que dans la prise en charge et l’accompagnement des patients.
Les innovations en santé sont-elles forcément reliées au numérique ?
L’irruption du numérique dans notre vie quotidienne modifie l’exercice de la médecine. Loin de remplacer la médecine clinique comme on le fantasmerait volontiers, l’automatisation resserre les liens entre les patients et les soignants, car le patient connecté se prend en main, en intensifiant les échanges avec les soignants entre les consultations traditionnelles. Cette médecine « en continu » rassure souvent et implique les patients, qui deviennent ainsi des acteurs de leur propre santé. En comprenant mieux leur maladie et les raisons d’un traitement, ils peuvent mieux suivre les conseils de leur médecin et les consulter à bon escient
Amorcé dès les années 70, par l’informatisation des fonctions de gestion et par les premiers projets de dossier patient numérisé, le recours aux « nouvelles technologies de l’information et de la communication » dans le champ de la santé a connu depuis quarante ans, à la fois un intérêt soutenu avec des investissements considérables, et de nombreux échecs retentissants.
C’est que la mise à disposition d’une technologie ne signifie pas forcément son utilisation par des professionnels, possédant de lourdes contraintes par ailleurs, une assez large autonomie d’exercice, des pratiques tacites et une tradition respectable.
La situation des années 2020 pourrait avoir brusquement et positivement changée.
La mutation des générations pourrait s’être effectuée, laissant la place à des praticiens tout autant attachés au métier que leurs prédécesseurs, mais plus sensibles aux contraintes économiques et aux ouvertures technologiques ; les patients, eux-mêmes, deviennent moins passifs, plus éduqués et toujours connectés; en dépit d’utilisations encore souvent éphémères et d’une maturité technologique parfois incertaine, les objets connectés se diffusent à grande échelle et à coût acceptable.

Retrouvez l’article sur la e-santé dans son intégralité sur le site de Docaposte.

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